Une conférence intéressante de Christine Delphy, héraut du « féminisme matérialiste » depuis une quarantaine d’années, qui présente de manière synthétique cette théorie. On apprécie sa critique sans ménagement des théories queer et « post-moderne », son rappel du caractère construit et en même temps structurel du patriarcat et des rapports sociaux de genre (qu’elle appelle « système de genre »), sa non-limitation aux rapports sexuels (d’où l’inanité du queer), et son rappel du caractère pré-capitaliste du patriarcat. On regrettera, en revanche, outre l’introduction d’Alain Renault (« penseur » infréquentable, longtemps collaborateur de Luc Ferry…), sa non-articulation du capitalisme et du patriarcat, des rapports capitalistes et des rapports sociaux de genre, alors même que son « mode de production domestique » n’est qu’une contrepartie du mode de production capitaliste, permettant au travailleur exploité producteur de marchandises et de survaleur de bénéficier de « services » gratuits qui, s’ils étaient rendus marchands, obligeraient à une augmentation du salaire des travailleurs, donc à une diminution structurelle de survaleur. On lira donc, en correctif et en complément, Roswitha Scholz, et notamment son ouvrage Simone de Beauvoir aujourd'hui, son entretien de critique du queer et ses articles dans Illusio n°4/5 (on lira notamment l'excellente présentation de Johannes Vogele des thèses de Roswitha Scholz). Pour une actualité antipatriarcale-anticapitaliste assez régulière, on lira Incendo (même si on regrettra qu'ils renvoient vers DDT21, site du négationniste Gilles Dauvé).
Le site personnel de Christine Delphy

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