Le « djihadisme » français n’est pas qu’imaginaire, mais il est – au-delà de racines sociales plus profondes : dissociation-valeur néo-raciste néo-colonialiste islamophobe, effondrement des Etats et des sociétés capitalistes du Proche et du Moyen-Orient, production capitaliste de sujets narcissiques-nihilistes... – également co-construit par des discours médiatico-politiciens et des politiques sécuritaires néo-racistes néo-colonialistes islamophobes de crise. Ces discours et ces politiques, en effet, co-construisent des djihadistes internationaux issus des centres capitalistes en essentialisant « l’islam » et « l’islamisme[i] », de même que « l’Etat islamique » et Al-Qaïda, autres co-constructeurs du « djihadisme international ». Le « djihadisme français », autrement dit, est co-construit et renforcé par l’union nationale, l’état d’urgence et l’intervention militaire.
[i] L’islamisme dans cette vision essentialisée est un des deux pôles de « l’islam », alors même qu’il doit être considéré avant tout comme une idéologie capitaliste de crise, au-delà même de son « contenu » (références idéologiques aux textes sacrés de l’islam).