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Pensée radicale

Pensée radicale

Une pensée radicale est une pensée allant jusqu'aux racines des problèmes afin de résoudre ceux-ci


MANIFESTE CONTRE LE TRAVAIL - KRISIS

Publié par C. Paris sur 15 Janvier 2014, 11:49am

Catégories : #Philosophie-Penseurs-Pensées

MANIFESTE CONTRE LE TRAVAIL - KRISIS

Manifest Gegen Arbeit, parce qu'Arbeit Nicht Macht Frei !

Le meilleur ouvrage de critique radicale du capitalisme des derniers siècles, au style vigoureux et aux théories très performatives, par Kurz, nouveau Marx, et quelques autres grands théoriciens. Un chef-d'oeuvre (avec d'autres ouvrages de Kurz) enfin capable de dépasser Marx, au contraire du marxisme traditionnel qui n'avait jamais réussi qu'à faire moins bien (et même bien pire !). Le volet solutions/alternatives est en revanche un peu décevant, résultant (notamment) d'un biais industrialiste (pas de critique explicite de l'industrie), économiciste (ne s'intéressant qu'à l'économie) et globaliste (voulant garder en l'état nos sociétés de masses, concentrées et urbanisées). On préférera Sortir de l'économie sur ce sujet.

Manifest Gegen Arbeit - Krisis

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Campagne 17/01/2014 10:05

Les vrais sujets de société ne sont jamais débattus. Le 'peuple' se laisse enfumer par des histoires de cul. Je fais référence au succès grandissant de la médiatisation à outrance des errances sexuelles des dirigeants. Le pouvoir donne souvent à celui où celle qui le détient du crédit et des influences qu'il peut ou non utiliser à bon ou mauvais escient. Malheureusement pas souvent pour l'intérêt du plus grand nombre qui se contente du voyeurisme.

Tête de Pioche 17/01/2014 10:44

Quelques éléments de l’analyse radicale du capitalisme.
Bonjour Armel, un nouveau beau jour s’annonce pour la pensée radicale (qui va aux racines).
Passons immédiatement au vif.
« J’espère avoir été clair dans ma réponse », nous dit Armel.
Hélas non ! Car il faut décrypter le § précédant la phrase juste citée (d’Armel), pour essayer de comprendre (si possible) ce qui doit être considéré comme impensable, dépassé, déjà critiqué ou faux.
Bien sûr, il est impossible, en un tout petit §, de résumer 10 kg de pensée tourmentée (celle de Kurz). Mais j’ai déjà parlé de cela ; n’y revenons pas ; essayons de “jouer le jeu” !

Résumons ce qui doit être élucidé :
I. « Il y a une substance du travail abstrait comme valeur : c’est l’activité aliénée elle-même. »
II. « Si personne n’aliène son activité, alors l’argent ne sert plus à rien. »
III. « L’argent est une représentation de l’activité aliénée totalisée. S’il n’y a plus d’activité, il n’y a plus d’activité aliénée donc plus de travail abstrait, donc l’argent ne représente plus rien et l’argent se dévalorise, ne correspondant concrètement plus à rien. »
En première lecture (sensation) ces 3 propositions reprennent les énoncés du marxisme le plus classique (ricardien). Énoncés qui tournent autour de l’analyse de l’échange, elle-même classique (la théorie de la mesure est inconnue). La dernière phrase de la 3ème proposition semblant flirter dangereusement avec la théorie quantitative de la monnaie : la monnaie serait une représentation d’objets physiques (les biens)…
Mais cela n’est pas évident, car trop de termes sont non définis (il faut supposer faire partie de la secte des économistes).
Dans ce cas, pour opérer le décryptage d’un texte cryptique (où encore une fois les termes essentiels sont supposés common sense : substance, aliéné, représentation, etc. alors que des tonnes de textes ont été écrits sur ces sujets, surtout le dernier – l’usage inconsidéré du terme « représentation » laisse supposer une absence de critique philosophique… radicale !), donc pour opérer un tel décryptage, le plus simple (sic) est de produire un autre texte supposé répondre au problème soulevé (bien que le problème puisse lui-même sembler mystérieux).
Supposons que le problème soit : qu’est-ce que l’essence du capitalisme ? Ou, qu’est-ce que la valeur ?
L’interrelation des deux questions (qui n’en font qu’une) exigeant nombre de présupposés.
Il faut alors répondre ; encore une fois ici sera tenté le résumé de 50 années de débats violents, dont la WertKritik semble ne pas avoir eu connaissance, planquée quelque part au fond d’une forêt noire (du marxisme).
Tout se ramène à de l’énergie humaine, d’abord sexuelle, puis intellectuelle, etc.
Ce qui s’énonce comme axiome : l’Homme est seul Réel (athéisme radical).
Mais cette énergie (d’abord sexuelle), la rage de vivre en animal, est indifférenciée, indéterminée, etc.
En un mot : l’Homme Réel peut faire n’importe quoi (ce qui le différencie de l’animal). Témoigne de cela, parmi un grand nombre de signes, l’histoire, l’évolution politique sociale, l’art, l’érotisme, etc.
Souvent les philosophes matérialistes affirment : l’Homme est à vide, sans essence.
Parlons à ce niveau (du Réel) de l’Agir : l’Agir est chaos.
Si l’Agir de l’Homme (sans essence) est déterminant de toute chose (et, effectivement, comme le veulent les écologistes radicaux, l’élimination de l’Homme offre la résolution de tout problème humain !), il n’est pas « substantiellement » déterminant.
L’Homme Réel n’est que pulsion énergétique (une sorte de pile biologique qui s’use avec l’usage dans le temps !). Mais cette pulsion n’est pas « dirigée » (voilà un premier terme lourd de l’ordre casqué à venir) ; ni téléologique, ni eschatologique, ni sotériologique (l’Homme tue plutôt qu’il n’aide ou aime).
L’essence de l’Homme est le sans substance ; son Agir est chaos.
C’est bien là qu’IL faut intervenir !
C’est là qu’apparaît « la société », soit dire la mise en ordre, la canalisation des pulsions, la civilisation, l’enrégimentement.
Si l’ordre est un produit humain (puisqu’il n’y a rien d’autre), il n’en reste pas moins qu’il se dresse CONTRE l’Homme.
Tout le problème de l’aliénation se tient là : pourquoi les hommes obéissent-ils ? pourquoi ne suivent-ils pas leurs pulsions (leur liberté) ? Comment se fait-il qu’apparaisse un méta-niveau auto-organisé (réifié) échappant au contrôle de l’Homme ?
Bien que l’Ordre soit produit humain, il apparaît comme antérieur à l’Homme ; nous sommes jetés dans la civilisation qui nous précède, et de loin.
Il faut donc un deuxième axiome : la réalité de l’Ordre est le résultat involontaire de l’Agir (finalement tourné contre lui-même).
Comment transformer le chaos de l’Agir en Ordre (du Travail, par exemple) ?
Cette transformation se nomme : aliénation, réification. Nous dirons réalisation.
Il y a multitude de transformations possibles de l’Agir, de sa réalisation en activité organisée, de l’Homme en « agent discipliné », en « conformiste », finalement de l’Agir en Travail.
(Il faut bien distinguer l’Agir Réel & le Travail, lui de l’ordre du Réalisé : le travail est toujours mort !).
Toutes ces transformations réalisations sont des opérations violentes de guerre civile : colonisation interne permanente, accumulation primitive permanente, etc. l’œuvre de civilisation !
Et la guerre est essentiellement ce qui ne se contrôle pas (destin de la pulsion au chaos DANS l’ordre).
Nous pouvons dire : toute réalité (réalisée) est oppression, au sens technique de canalisation des pulsions, de “turbinage” (le travail de la religion : la manipulation de l’amour – si l’on cherche une “substance” elle est là : dans la manipulation multiséculaire de l’amour, la récupération “utile” de l’énergie sexuelle).
Chaque réalité historique (anthropologique) est une forme de domination spécifique.
Peut-être la forme générique de la réalisation en réalité est-elle la mise en esclavage ; l’esclavage, sans doute la forme sociale (= réalité) la plus répandue, la plus durable. Puis le servage, etc.
Ces mises sous tutelle, par une autorité tutélaire violente (cf. la domination des mâles sur les femelles) ou un comité qui a gagné la guerre civile, ces prises (rappelons qu’un esclave est un prisonnier de guerre – un salarié un prisonnier d’un ordre qu’il reçoit) sont des « éducations » (é-duc-ation), des « civilisations », des ordres, des MESURES.
Apparaît la Réalité, par construction, par constitution, congelée, ordonnée (notons que la structure d’ordre est la structure la plus élémentaire des mathématiques ; structure sans laquelle le nombre, la mesure, la quantité, la valeur, l’évaluation, est impossible – la monnaie comme nombre est l’expression d’une mise en ordre religieuse).
Ce qui peut se dire formellement : la réalité n’est pas réelle (définition de l’étrangéification = de l’aliénation).
Ce principe (il faudrait un livre entier pour le commenter, l’élucider !) commande toute l’analyse de la valeur (et du capitalisme).
La valeur est une forme de colonisation, de mise en ordre et, donc, de réalité.
Quelle réalité ? quelle colonisation ?
Celle de l’abstraction numérique, du marquage du bétail humain au chiffre de sang de sa valeur ; valeur qui est celle que lui attribue son maître (on connaît la grande déception des archéologues : les écritures ont d’abord été inventées pour tenir des comptes, les comptes du bétail humain, cadastre, impôts, etc.).
La valeur exprime la guerre, la conquête, la mise en esclavage, etc.
Notons bien : l’abstraction numérique totale (valeur = comptabilité + technoscience de la mesure généralisée) n’est possible que comme forme numérique (le système monétaire) résultant de la mise en ordre la plus « rigoureuse ». « La rigueur », voilà le terme clé. La constitution « rigoureuse » de la civilisation la plus organisée.
Précisément, la mesure valeur comptable monétaire est une abstraction de 3ème niveau qui implique 2 niveaux préalables d’abstraction : le droit, puis la militarisation de la société & de la science. Tout ce que Debord nomme Spectacle se trouve dans cet empilement historique d’abstractions.
La mesure évaluation comptabilité est une mise en forme disciplinaire « évoluée ».
Il faut impérativement lier le capitalisme (le système de la mesure monétaire) aux constructions étatiques militaires européennes (la révolution militaire ; pas de capitalisme sans État instituteur du « marché »), donc à la guerre permanente ; et à la tentative scientifique de rendre « déterministe » le cours de l’histoire (le matérialisme historique est un pur produit du capitalisme europe).

Ceci dit, l’autre texte promis, bien que trop synthétisé mais supposé répondre au problème énoncé au début (qu’est-ce que l’essence du capitalisme ?), nous permet de revenir au décryptage de la réponse d’Armel.
« La substance du travail abstrait comme valeur, etc. » peut se lire : l’organisation numérique du monde, sa réalité pouvant conduire au travail mesurable (OST – toute chose est mesurée) n’a pas pour « substance » ni l’activité non aliénée ou aliénée (mais dire qu’une substance peut être une activité aliénée est une horreur métaphysique !). Cette OST n’a pas de substance : c’est un mode arbitraire de domination hasardeux, fruit de l’histoire des formes de domination vers toujours plus de détermination ou de congélation (toujours plus d’ordre vers le “totalitarisme” armé technologiquement).
Ce mode de domination détermination consiste à capter l’énergie (sexuelle) humaine, à l’in-former.
Sans ces opérations de commandos, l’énergie humaine resterait pure potentialité.
Le pouvoir est créateur de mondes, grand designer de la réalité.
Bien sûr l’in-formation est une canalisation dont l’objet, en construisant du réalisé (utile !) est de bannir a priori quantités de potentialités au profit de celles qui renforcent l’autorité hiérarchique militarisée ou techno-scientifique.
L’aliénation réification formalisation juridicisation numéricisation est une opération (de mesure) historique, longue, fluctuante ; finalement elle forme la société (du) capitalisme.
Elle est constituante : elle ne dépend pas de l’activité de chacun (elle est sociale symbolique) mais d’un complexe historico-social de guerres civiles dont nous héritons.
Personne n’aliène son activité ; l’aliénation est caractéristique d’un méta-niveau auto-organisé (la fameuse mégamachine sociale symbolique – qu’il faut « redresser » régulièrement, par le fascisme par exemple). Nous naissons pris (prisonniers) dans un système qui nous précède et nous survivra !
Ce système est le système monétaire d’évaluation complète ou de marquage des bestiaux humains. Non pas lié à l’échange (inversement l’échange n’est possible que dans un monde comptable ; ce qui peut se dire : l’institution étatique du marché se fait par la violence) mais à l’ordre moral de la civilisation.
Dire alors : « l’argent est une représentation de l’activité aliénée totalisée, etc. » est un non-sens.
C’est sous la forme de « l’argent » (de la comptabilité ou de la mesure) que se constitue la réalité aliénée et l’emprise (de l’entre-prise) de l’Agir en activité ou travail mesurable (un coût à prendre en compte) réalisé.
« L’argent » (il faut bannir ce mot !) n’est pas une représentation, mais un système militaro-juridique ; la fameuse cage d’acier qui performe “la société rationnelle”. Plutôt que de parler de « représentation » (débat immense sur ce sujet, à commencer par la linguistique : une langue ne « représente » rien !), il faut envisager le système monétaire (de constitution du capitalisme) comme un système juridique augmenté, numéricisé, automatisé… ou, si l’on préfère, une nouvelle mission religieuse.
Bien entendu c’est toujours l’énergie humaine (la rage de vivre) qui alimente le système ; mais le système capte et plie cette énergie selon ses propres légendes.
(La seule solution est donc la sécession et la constitution d’un autre système de civilisation (référence au Zapatisme) ; au risque de se perdre.)



NOTE : la spectralité du travail dans l’analyse critique du travail (Postone/WertKritik).
Même si l’analyse critique du travail a reconnu que le travail est une catégorie du capitalisme (et que le travail n’est pas « un invariant anthropologique ») elle n’a pas su pousser la critique jusqu’au bout et reconnaître que si le capitalisme peut être (entre autres définitions) caractérisé comme « la société du travail », cette caractéristique est inessentielle, secondaire, dérivée, etc.
On peut dire : il n’y a pas de société du travail non capitaliste, comme il n’y a pas d’économie non capitaliste ; si donc le socialisme et/ou le communisme est envisagé comme société du travail (et repeint sous le nom de « monde des travailleurs »), il est clair qu’il ne peut s’agir que d’un nouveau masque du capitalisme.
Mais le travail n’est pas ce qui est (conceptuellement) décisif pour définir l’essence du capitalisme. Le travail n’est qu’un “produit dérivé”. Ce qui est décisif, essentiel, est l’organisation numérique monétaire comptable ; que le travail soit une marchandise abstraite, etc. (relire le premier commentaire). Ce qui est décisif est que l’organisation de comptabilité opère une « réduction » de l’Agir en travail réalité ; réduction, formatage, discipline, etc. qui constitue le travail comme mesurable (il n’y a pas de travail non mesurable… ou ce n’est pas du travail !), comme abstraction numérique monétaire comptable (OST du STO).
Le travail n’est pas mesure (ni substance de la valeur, ni quoi que ce soit de ce genre) mais marchandise mesurée évaluée (encore une fois les “charges” des entre-prises). L’ordre du travail est un cas particulier de la mise en ordre (mais l’ordre patriarcal est sans doute plus important).
Le travail ne peut être la substance de la valeur (dans le premier commentaire nous avons donné les premières références pour une critique de la doctrine de la valeur travail).
L’évanouissement du travail n’entraîne pas l’évaporation de la valeur !
Du reste cet évanouissement (la fin du travail, poncif si célèbre des années 2000) qu’est-ce que c’est ? Comment comprendre la mondialisation avec la Chine « atelier du monde » ? Combien de travailleurs “communistes” ?
Même le chômage de masse de la société de la 3ème RST micro technologique (ici Kurz partage les mêmes fantasmes que Negri) n’a rien à voir avec une évaporation de la valeur. Cette idée résulte d’une mauvaise définition de la valeur (en substance travail ou activité) et non pas de la réalité d’une crise fatale !
Répétons : tous les “objets” (biens dits concrets) sont abstraits, sont mesurés, transformés en objets sociaux. Cela vaut pour l’Agir qui sort lessivé en travail discipliné (activité aliénée) organisé hiérarchique politisé…
L’Agir n’est pas la sub-stance du travail (encore moins l’activité !) ; le travail est une socialisation réduction canalisation de l’Agir (qui devient inconscient). Si l’on veut vraiment parler de sub-stance (autre terme hégélien à bannir), alors il faut (avec une moue) dire : la sub-stance du travail est la colonisation éducation selon les critères des saigneurs du système de la mesure militaro-technico-économique.
L’analyse critique du travail est ainsi trop proche du Marx exotérique que cette critique se plaît à dénoncer ; au profit d’un Marx ésotérique qu’elle n’a pas su reconnaître ou reconstituer (encore une fois je renvoie au premier commentaire).
Résulte de ce marxisme résiduel ou spectral ricardien une analyse sans contenu de la crise (qu’il faut lire en termes de guerre civile froide ou de nouvelle nouvelle accumulation primitive).
La monnaie sans la valeur ? L’évaporation de la valeur ? Mais la valeur n’est que le filet de la prise de l’entre-prise de l’Homme Réel (En-Femme) par le système totalitaire de l’évaluation techno-scientifique.
Et encore : l’idée de valeur substance SOUS la monnaie (représentante) est une idée méta-physique ; réhabilitation de la théorie ricardienne ou quantitative (que savent les émules de la WertKritik des débats post-ricardiens, néo-ricardiens, sraffaiens ?); l’idée de substance est exactement ce qu’il faut rejeter pour arriver à une analyse critique de la critique tronquée du travail.
Pour se débarrasser du travail, même conservé en mode spectral.
AU TRAVAIL JAPPE !
L’analyse WertKritik du fétichisme (de la mégamachine automate) est radicalement en impasse faute d’expliquer conceptuellement l’historique de la constitution d’un méta-niveau autonomisé (réifié).
Il faut expliquer l’automatisme du grand automate en revenant sans cesse aux processus de constitution des structures sociales symboliques, aux processus de mesure. L’explication (synthétisée !) se tient dans la guerre permanente des oligarchies fonctionnelles contre leurs serfs fonctionnels.
L’explication se tient dans l’amour, son tripotage, dans la peur (de manquer d’amour).
(Regarder l’usage utilitaire de la psychanalyse par le marketing, comme porte d’entrée vers l’analyse de la perversité du capitalisme).
Pourquoi ce recul de la WertKritik par rapport aux projets (inaboutis certes) de la théorie critique de Francfort ? Pourquoi cette absence de « psychologie critique » ? Cette absence d’étude de la constitution de la personnalité conformiste, arriviste, autoritaire, etc.

La grande synthèse nécessaire est encore à venir : comment y participer ?

A. Campagne 15/01/2014 18:10

Bonsoir Tête de Pioche,
Merci d'avoir été plus synthétique dans votre commentaire.
Il y a une substance du travail abstrait comme valeur, c'est l'activité (aliénée) elle-même. Si personne n'aliène (ne rend son activité extérieure/étrangère à lui-même, en vendant celle-ci) son activité (sous forme de travail abstrait), alors l'argent ne sert plus à rien, puisqu'il n'achète plus ni bien (puisque rien n'est produit concrètement) ni service (puisque rien n'est proposé comme service concret). L'argent est une représentation de l'activité aliénée totalisée ; s'il n'y a plus d'activité, il n'y a plus d'activité aliénée, donc plus de travail (abstrait), donc l'argent ne représente plus rien, et l'argent se dévalorise, ne correspondant concrètement plus à rien. J'espère avoir été clair dans ma réponse.
Le capitalisme n'est pas un régime policier (quoique, dans un certain sens, il "police" nos comportements, à l'instar de l’État, c'est exact), ni un mode de production (puisqu'il n'y a pas de "mode de production" à proprement parler dans l'ère pré-capitaliste, puisqu'il n'y a pas de production, puisqu'il n'y a pas de séparation essentielle entre production et consommation, puisqu'il n'y a pas d'activité aliénée). C'est effectivement une formation de domination fétichiste, par contre. "Totalitarisme techno-économique" : pourquoi pas, ça me paraît être une bonne caractérisation de notre société.

La wertcritik effectivement manque un peu d'analyse globale, même si Kurz a réfléchi sur beaucoup de problèmes périphériques à l'économie (raison des Lumières ou fétichisme politico-étatique par exemple). Je suis d'accord avec vous : il faut une analyse "totale" du capitalisme comme civilisation ; mais encore une fois, Kurz est allé dans ce sens.

Le poids des ouvrages de Kurz en allemand ? Probablement plusieurs kilos.

Cordialement,
Armel Campagne.

A. Campagne 17/01/2014 12:01

Kurz est soutenu marginalement par quelques universitaires allemands. Au Brésil, par contre, il est abondamment étudié et critiqué au sein des milieux universitaires marxiens. Il s'inscrit dans une sorte de "post-marxisme critique", faisant référence encore à une petite partie de l’œuvre de Marx, lui empruntant ses concepts fondamentaux et radicaux mais n'hésitant à prendre ses distances vis-à-vis de sa pensée. Mis à part au Brésil, c'est principalement des bénévoles et des passionnés qui étudient Kurz ; encore qu'à l'EHESS, Anselm Jappe fait un cours dans un esprit très wertcritik donc très "kurzien".

Campagne 17/01/2014 10:23

Des beugues qui m'empêchent de corriger mes fautes d'orthographe ou de poser d'autres questions. Y a t il encore des crédits de recherche accordés à des chercheurs qui veulent étudier sa pensée?!... Ou seulement des bénévoles et passionnés?

Campagne 17/01/2014 10:20

Quelle postérité à l'œuvre ou plutôt à la réflexion de Kurtz? Dans les milieux universitaires allemands, ou dans ceux des pays ultra libéraux ou sociaux démocrates de la vieille Europe ou des États-Unis? Dans quel mouvement critique s'inscrit il en amont et en aval? Sa pensée n'est elle pas l'objet voulue et programmée d'un étouffement? Ou sans penser complot n'est elle

Tête de Pioche 15/01/2014 22:13

Bientôt bonne nuit. La question du "poids" des œuvres de Kurz n'est ni rigolote, ni accessoire : elle est plutôt centrale !
Le travail de Kurz que je vise implicitement (et sur lequel j'ai énormément de notes) Geld Ohne Wert, sous titré (en clin d'œil à Marx) Grundrisse zu einer Transformation der Kritik der Politischen Oekonomie, Horlemann 2012, est long de plus de 400 pages.
Analyser, critiquer -- arriver à la "substance" d' -- un tel ouvrage (sans parler des autres de la même outre) exigerait au moins le double, 800 pages !! Au moins !
Puisqu'il s'agirait de résumer (sic) les débats "marxistes" (je fais synthétique) depuis 1968 ; et dont j'ai glissé un maigre mot dans l'autre commentaire, moins synthétique (sic) cependant beaucoup beaucoup trop court !
La WertKritik se greffe sur la lignée spécifiquement allemande "Ecole de Francfort", dont elle opère une sorte d'essorage, se centrant sur un unique point : le fétichisme.
Il s'agit donc d'une sous lignée autiste ! (j'ai déjà parlé de ce problème). Dont Anselm Jappe est le parfait représentant : version académique en voie d'intégration universitaire.
Comment se fait-il que Jappe soit reconnu par Zarka, par Bidet, par les "marxistes" les plus orthodoxes ? les plus conservateurs ?
Cette sous lignée, de manière absolument extravagante, méconnaît toutes les autres recherches critiques "marxistes". Et, en particulier, fait preuve d'une incapacité philosophique extrême : le fameux problème de la substance, le centre des débats des années 70 (contre le marxisme hégélien) dont la WertKritik semble ne rien savoir.
Il ne s'agit donc pas d'une pensée "innovante", informée par les débats de 50 années, mais d'une pensée conservatrice d'avant la critique de la philosophie (ce pourquoi elle peut être cooptée par le système spectaculaire).
Ce pourquoi on peut dire que la WertKritik est "ricardienne". C'est Ricardo le père de l'idée de substance de la valeur. Mais NON, la valeur n'a pas de substance, c'est une forme de prise (d'entre-prise) politique, donc sans fondement (un état local d'une guerre illimitée) qui n'exprime qu'un mode historique ou local de domination (d'organisation sociale), d'enrégimentement, le mode dit techno-scientifique (ou, identiquement, capitaliste).
Mais il faut en arrêter là.
Notons cependant qu'une manière de la prise symbolique spécifique du régime technocratique est justement l'exigence de synthèse ou de brièveté, ou pire de pédagogie (le gouvernement ne fait pas assez de pédagogie !). C'est confondre la recherche avec un bréviaire de résultats. C'est effacer l'histoire (le pire crime !)
Et il ne peut y avoir de véritable "démocratie" (autonomie) sans la suppression de la division hiérarchique du travail : ce qui doit se lire à l'envers des recettes démagogiques (style maoïstes) tout le monde doit devenir chercheur et commencer par un apprentissage complet des débats disponibles. Après tout on demande bien aux "chercheurs" de faire des ménages !
Mais, au plus profond (en substance), l'objet de mes commentaires se situait au second degré : il s'agissait de tester la capacité d'un site, d'un blog, etc. de rendre possible le commun de la pensée critique et de déployer le communisme intrinsèque de la recherche (cf. Negri !)
Il semble que ce ne soit pas possible.
Ce qui n'est pas surprenant, un site faisant partie du (grand) spectacle.
Toute demande du style : "soyez bref", "soyez concis", "soyez synthétiques", "soyez compréhensibles pour tous", etc. est une demande policière spectaculaire (celle qui commande l'affaissement de la pensée).
L'autonomie active exige la plus haute culture.
L'exigence de la communication (au sens médiatique du bref, concis, synthétique -- tout ce qui évite la pensée complète) est fasciste.
Dernière remarque avant que de clore (et de justifier un long sommeil) :
"Il y a une substance du travail abstrait comme valeur, c'est l'activité aliénée elle-même..."
Tant qu'une telle proposition n'est pas critiquée, il est impossible "d'atteindre l'essence du capitalisme" (son essence est d'être sans essence : pure forme religieuse, discursive si l'on veut).
Comment expliquer (en peu de lignes, et sans références détaillées) que ce "substantialisme" (du marxisme exotérique, celui de la WertKritik) est considéré comme impensable depuis 50 années ?
Bien avant que Kurz ne naisse comme auteur.
AU TRAVAIL donc !
Et bonne nuit quand même.

Tête de Pioche 15/01/2014 17:11

Comment lire la WertKritik ? Chef d'œuvre ? Laissons l'aspect coréen (du nord) des premières phrases de l'hagiographie ! Et interrogeons-nous : pourquoi le volet "alternatives" est-il décevant (déceptif, pour parler franglais) ? Comme résultat d'un "biais" industrialiste ?
Non plus profondément, comme le résultat d'une mauvaise compréhension de "la valeur" (ou de l'essence du capitalisme - regarder notre commentaire d'un texte de Höner). Comme le résultat d'une fidélité spectrale au travail (l'essence de la valeur dans le travail).
Les analyses de Kurz sur la "dévalorisation" (l'évaporation du travail substance) sont symptomatiques.
Il faut engager le débat sur ce sujet précis : il n'y a pas de "substance" à chercher.
En ne comprenant pas le capitalisme ("son essence") comme un régime politique (policier), une formation de domination et non pas un mode de production (présence spectrale de l'économie non critiquée) on s'interdit de penser la lutte politique contre le "totalitarisme techno-économique".
Si l'analyse "économique" de la WertKritik est parfois intéressante (et il faudrait exhumer la partie à digérer), elle n'arrive jamais au niveau d'une analyse "totale" du capitalisme comme société voire civilisation. C'est pourquoi l'aspect critique politique (ou alternatif) est si faible (faiblesse revendiquée au titre des marmites qu'il ne faut pas faire bouillir !).
Mais une analyse critique du capitalisme comme régime despotique (seule la domination explique l'exploitation - pour parler comme dans les années 70) ne peut se faire que du point de vue de l'alternative (de l'extérieur). Pas de point de vue extérieur, pas de critique ; pas d'alternative sentie, pas "d'extraction de l'essence" du capitalisme.
Les Zapatistes nous disent plus : le libre échange c'est la guerre.
Mais, encore une fois, un format commentaire rend impossible toute analyse détaillée.
Quel est le poids des ouvrages de Kurz (en allemand) ?

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