Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pensée radicale

Pensée radicale

Une pensée radicale est une pensée allant jusqu'aux racines des problèmes afin de résoudre ceux-ci


SÉMINAIRE DE THÉORIE CRITIQUE – MALAKOFF

Publié par A. Paris sur 5 Février 2016, 16:40pm

Catégories : #Actualités, #Philosophie-Penseurs-Pensées

http://www.b-a-m.org/2016/01/13-2-pour-une-philosophie-politique-et-une-critique-radicales/

La critique d’un ordre social et politique a besoin d’une perspective, d’un horizon de sens pour parvenir à problématiser les analyses ; le seul point de vue qui vaille en ces domaines, c’est celui de l’émancipation humaine. Or, de ce côté-là, le ciel s’est bien obscurci, du moins en France, depuis quelques temps. De ce fait l’analyse critique n’a souvent plus de points d’appui, plus de repères, évitant même soigneusement de développer toute problématique : « On se réfère à un ensemble de connaissances très élaborées mais qui deviennent sans conséquences, dont il ne sera rien tiré. C’est par exemple ce que l’on rencontre fréquemment dans certains discours académiques : une accumulation de connaissances très développées, très intéressantes, un déploiement de savoirs rigoureux et argumentés qui, pourtant, peuvent très bien ne jamais devoir engager leur auteur et se révèlent dès lors sans aucun effet » 1. De même, dans les séminaires, colloques et conférences, continuer à projeter sous l’égide de PowerPoint des séries de chiffres, de données, de tableaux et finalement proposer pour toute perspective politique « d’inverser les courbes », que ce soit celle du réchauffement climatique ou celle du chômage, c’est non seulement le plus sûr moyen de dépolitiser tous les débats, mais cela participe d’une aliénation de masse qui peut être succinctement exposée de la manière suivante : la rationalité calculatrice et transgressive au fondement du capitalisme et du mode de connaissance scientifique a fini par structurer en profondeur l’imaginaire occidentalisé. Cette anomie générale est aussi le prix, depuis des lustres, des reniements, des défaites, de l’invasion néolibérale et d’une forme de servage inédite dans l’histoire de l’humanité : l’employé branché est aujourd’hui plus attaché à sa machine que le prolétaire du début du XIXe siècle à son métier à tisser. Faute de cet horizon d’émancipation, le devenir catastrophique du monde et du vivant – qu’il ait pour origine des activités industrielles, nucléaires ou financières – s’est invité dans nos vies pour nous rappeler « le peu d’avenir que contient le temps où nous sommes »,2 prenant ainsi la place d’une critique défaillante.

1 Jean-Pierre Lebrun, La condition de l’homme n’est pas sans conditions, Denoël, 2010, p. 23.
2 Référence au merveilleux livre de Baudouin de Bodinat, La vie sur terre. Réflexions sur le peu d’avenir que contient le temps où nous sommes, Tomes 1 et 2, Ed. L’Encyclopédie des Nuisances, 2008.

 

Des questions méthodologiques transversales :

  • Les critiques néo-marxienne (critique de la valeur ou Wertkritik), écologique et psychanalytique du capitalisme.
  • Les points aveugles de Freud : pulsion de mort, histoire et politique.
  • Loin des « sciences studies », une critique de l’axiologie à l’œuvre dans le mode connaissance scientifique (MCS). L’origine des origines et la théorie de grande unification. La solution finale comme horizon inévitable du MCS.
  • Le capitalisme à la fin du XIXe siècle : une Synthèse sociale ou un « fait social total » qui débouche sur la première guerre totale, thermo-industrielle et mondiale.
  • Les retards de conceptualisation et la disparition des intellectuels.


Les prémisses historiques et théoriques :

  • Hiroshima et Nagasaki, des crimes contre l’humanité et biocides d’un genre nouveau (universel, systémique et persistant), accompagnés de régressions inédites. Face au négationnisme d’Etat, aucune mémoire souverainement organisée n’en soutient la nature.
  • Le Mode de connaissance scientifique (MCS) comme légitimation intellectuelle d’une rationalité calculatrice et transgressive (RCT) qui structure l’imaginaire capitaliste.
  • Réel, Symbolique et Imaginaire comme outil d’analyse. Le Réel à portée de main et l’asthénie du désir. Les grands barrages érigés sur le chemin de la sublimation.
  • L’eugénisme comme outil et entreprise d’épuration ethnique de l’Humanité. Une remise en cause radicale des fondements de toute vie sociale.


Retour au temps long, à la conceptualisation et à la problématisation.

  • De l’historiographie du capitalisme depuis deux siècles (les secrets de famille de l’Occident).

Il s’est produit depuis la fin du XVIIIe siècle un bouleversement plus profond, bien plus déterminant et plus universellement étendu que celui qui a été qualifié de Renaissance du XVIe siècle en Occident.

  • Le tragique universel d’Auschwitz et d’Hiroshima ne sont toujours pas compris à ce jour. Que restait-il des fondements de notre humanité avant 1945 ?
  • Du capitalisme depuis 1945 et la prise de pouvoir des Complexes. Les soi-disant 30 glorieuses. La recherche d’une autre forme de domination, plus moderne, plus scientifique et la guerre générale au vivant. Les concepts de totalitarisme démocratique et d’érotisation panoptique de la mort.
  • Sept décennies après, sommes-nous entrés dans une nouvelle période historique ? Mémoire, histoire, incessants retours du refoulé.
  • L’anthropologie politique de l’effondrement civilisationnel et individuel en cours. Le fantasme du self made man à la mode transhumaniste. Violences, radicalisations, ressentiment, douleur et luttes de territoires.
  • Les nécessaires articulations entre morale, philosophie, politique et critique radicale.

De la banalisation du mal à l’obsolescence du vivant. La misérable circularité des raisons de vivre. Des entomologistes-participant qui organisent notre « demi-vie » sur la paillasse du laboratoire Terre.

  • Les réquisits et les difficultés majeures auxquelles se heurte la critique radicale.

Des documents seront distribués ou mis en ligne et les séances enregistrées.

 

Petite bibliographie introductive :

– André Pichot, La société pure. De Darwin à Hitler, Flammarion, 2000.

– Zygmunt Bauman, Modernité et Holocauste, éd. Complexe, 1989.

– Jarrige François, Face au monstre mécanique, une histoire des résistances à la technique, Imho, 2009.

 

Chaque second samedi du mois à 16h30 - BAM - 14 impasse Carnot, Malakoff

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents