Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pensée radicale

Pensée radicale

Une pensée radicale est une pensée allant jusqu'aux racines des problèmes afin de résoudre ceux-ci


QUATRIÈME NUIT DE WALPURGIS – QUELQUES LUFTMENSCHEN

Publié par Quelques Luftmenschen sur 18 Novembre 2015, 17:57pm

Catégories : #Actualités

« Quand la raison critique se tait, c’est la haine meurtrière qui prend sa place. » (Robert Kurz, « Économie totalitaire et paranoïa de la terreur », septembre 2001, dans Robert Kurz, Avis aux naufragés, Paris, Lignes & Manifestes, 2005.)

 

« Il n’existe plus d’Orient exotique que l’on pourrait percevoir comme étrange et extérieur. Tout ce qui se passe aujourd’hui est un produit, soit direct soit indirect, du système mondial unifié par la force. Le One World du capital est le sein qui enfante la méga-terreur », ajoutait, dans le même texte, Robert Kurz, à la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Nous pouvons ajouter aujourd’hui que les questions que l’on pouvait encore se poser, il y a quelques décennies, sur les manipulations et les coups tordus mis en œuvre par telle ou telle officine spécialisée sont désormais à considérer comme des fausses questions absolues : la violence terroriste s’est totalement unifiée, qu’elle soit l’œuvre d’États constitués ou d’États en gestation. Les dits « djihadistes » des États non accrédités sont des petits soldats du capital, au même titre que les membres des services dits de « sécurité » des États officiels.

La barbarie, qui désignait historiquement l’extérieur, le lointain et l’exotique, est maintenant intérieure aux sociétés. Le temps est fini où un système, pour se construire ou se perpétuer, vouait à la destruction une partie de sa population dûment essentialisée puis stigmatisée et enfin persécutée – on a ainsi vu la « modernité » inaugurer son règne en mettant en œuvre le premier génocide de l’histoire, celui des Indiens d’Amérique, et les nazis chercher à asseoir, au moins fantasmatiquement, leur millénium sur la destruction des juifs européens.

Aujourd’hui, n’importe quel individu reproduisant ce système, et nous le reproduisons tous, est susceptible d’être offert en holocauste à la perpétuation de la synthèse sociale « capital ».

La crise actuelle du capitalisme, qui voit la masse globale de la valeur se résorber inexorablement, promeut la violence sous toutes ses formes, qu’elle provienne d’individus isolés ou de groupes étatiques ou para-étatiques, comme seule réponse à l’effondrement en cours.

« C’est le schéma de base de toute idéologie : au lieu de mettre en lumière l’ensemble des relations dans lesquelles on est impliqué, on s’efforce de trouver une cause étrangère aux événements et de définir un ennemi extérieur. » (Robert Kurz, art. cit.)

Aujourd’hui, l’ennemi intérieur et l’ennemi extérieur ont fusionné dans une même figure sans visage.

Une critique conséquente transfrontières des rapports sociaux capitalistes ne peut qu’en appeler au dépassement, non violent et anti-violent, du stade actuel de la vie en société, car c’est seulement ainsi que nous serons capables d’en finir avec le « terrorisme », cette catégorie spectaculaire qui s’exerce dans le dos des hommes et recouvre l’étendue de la violence sociale partout répandue.

Toutes les tentatives actuelles, qu’elles prennent la forme de nouveaux populismes cherchant à transcender toutes les options politiques ou de nouveaux quiétismes en appelant à un retour à des valeurs frugales, engagées à seule fin de maintenir ou de restaurer le cours du mode de vie capitaliste sont vouées à l’échec.

Ces tentatives ne prennent pas la mesure de cet événement qui voit les rapports sociaux capitalistes entrer dorénavant dans une phase d’auto-destruction folle et incontrôlée.

Le système capitaliste est un système hyper-producteur en même temps qu’un système hyper-destructeur : c’est sa dynamique propre qui veut cela. Aujourd’hui que le cours de la reproduction capitaliste se nourrit de plus en plus de promesses sur des valorisations à venir qui ne viendront jamais plus, le caractère destructeur est voué à l’emporter sans cesse plus sur son caractère constructeur. La paranoïa de la terreur a donc de beaux jours devant elle.

Nous ne pourrons pas renverser la vapeur dans le cadre de l’économie totalitaire.

 

Quelques Luftmenschen

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents